Conseil supérieur de l’éducation du 12 avril 2018, Déclaration FNEC FP-FO

CSE du 12 avril – déclarations préalables

Projets d’arrêté sur la réforme du lycée

Monsieur le ministre,

Vous présentez au Conseil supérieur de l’éducation votre projet de réforme du lycée dans un contexte où le gouvernement, sur tous les dossiers, cherche à remettre en cause les droits individuels et collectifs des salariés du privé, des agents publics, des retraités, de la jeunesse.

La FNEC FP-FO apporte son entier soutien aux cheminots en grève avec leurs organisations syndicales pour bloquer la volonté du gouvernement de privatiser la SNCF et détruire leur statut. Aux cheminots, comme aux salariés de tous les secteurs, le gouvernement ne répond que par le passage en force.
Le 22 mars, les personnels en grève et en manifestation à l’appel de sept fédérations de la fonction publique, rejoints par d’autres secteurs (500.000 dans toute la France), ont affirmé leur détermination à défendre tous leurs droits et garanties collectives, leur statut, leurs salaires, leurs postes, leurs conditions de travail.

Le gouvernement prend ses responsabilités en ne répondant pas aux revendications des organisations syndicales FNEC FP-FO, FERC-CGT, FSU, Solidaires et des organisations lycéennes et étudiantes FIDL, UNEF, SGL, UNL, UNL-SD, qui elles aussi ont appelé les personnels à faire grève et manifester le 22 mars pour le retrait de la réforme du lycée, de la réforme du baccalauréat, de la loi ORE, de Parcoursup.

Cette exigence, ces organisations l’ont rappelé dans cette même instance le 21 mars en votant contre les projets de décret et d’arrêtés sur le baccalauréat. Elles l’ont rappelé également en votant contre les textes sur la mise en oeuvre de Parcoursup et des attendus post-bac. Les textes fixant les conditions de la réforme du bac et du lycée général et technologique confirment la volonté du gouvernement de casser les diplômes nationaux, de supprimer des postes et de construire un lycée préparant la sélection des lycéens organisée par Parcoursup. La même logique de tri social se retrouve dans la réforme du lycée. Pour la FNEC FP-FO, cette réforme n’est pas amendable : elle instaure la concurrence entre les personnels, entre les disciplines dont certaines sont fusionnées en « enseignements », obéit à une logique de l’offre, supprime des heures disciplinaires, les dédoublements, consacre l’autonomie des établissements comme nouvelle règle de fonctionnement de l’Education nationale. Elle remet gravement en cause la voie technologique, en particulier la série STI2D, déjà fragilisée par la réforme des lycées puisque la spécialisation des élèves n’interviendrait qu’en Terminale laissant finalement un trimestre en Terminale pour se spécialiser avant de commencer le projet auquel les professeurs consacrent deux trimestres.

Le gouvernement ne répond pas à l’exigence réaffirmée depuis des mois par les assemblées générales des étudiants et des personnels, par les organisations de l’interfédérale nationale de l’éducation, d’abrogation de la loi ORE. La mobilisation s’amplifie, les assemblées générales sont chaque jour plus nombreuses. La FNEC FP-FO condamne fermement les violences policières et la remise en cause des franchises universitaires, comme le démontre l’intervention des forces de l’ordre à Nanterre.

La FNEC FP-FO exige le retrait de la réforme du baccalauréat qui doit demeurer le premier grade universitaire permettant l’accès de tout bachelier à l’université et à la filière universitaire de son choix. La FNEC FP-FO exige le maintien du baccalauréat diplôme national aux épreuves nationales, terminales, anonymes et ponctuelles – inscrit dans les conventions collectives et les statuts. La réforme du lycée, c’est la préparation à ce nouveau «baccalauréat » qui n’a de valeur que celle du lycée où il est préparé.

Ce CSE devrait aussi entériner la fermeture de l’ensemble des CIO, acter le passage des personnels des DRONISEP aux régions, les affectations des PsyEN-EDO dans les établissements. Pour FO c’est un vaste plan social que le gouvernement a décidé de mettre en oeuvre conformément aux orientations du PM le 1er février instaurant ledit «nouveau contrat social avec les agents publics». FO condamne ce dispositif.

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