De Chatel à Vallaud-Belkacem, de Vallaud-Belkacem à Blanquer, la marginalisation de la Philosophie

Communiqué du 12 septembre 2018 Comm-philo

Le ministre J-M. Blanquer a beau répéter que sa réforme « renforcera » l’enseignement de la philosophie au lycée, les professeurs de philosophie, dans leur grande majorité, ont compris qu’elle vise au contraire à l’affaiblir et à le marginaliser. En témoignent les motions adoptées au cours des nombreuses Assemblées Générales (Orléans-Tours, Paris, Versailles, Lyon, Rouen, Amiens…) qui ont rassemblé plusieurs centaines de professeurs au mois de juin à l’occasion des réunions de correction du baccalauréat, et qui les ont amenés à se rassembler devant le Ministère début juillet. Ils ne veulent pas de la réforme Blanquer et sont à juste titre inquiets du danger qu’elle entraîne pour leur discipline et pour toutes les autres.

De Chatel à Blanquer, une continuité dans le « renforcement » ?
C’est au nom du prétendu « renforcement » de la filière littéraire, que la réforme (2010) du ministre Chatel (auprès duquel Monsieur Blanquer était chef de la Direction générale de l’enseignement scolaire) contribua à enfermer la philosophie dans le rôle d’une discipline exclusivement littéraire en affaiblissant considérablement la part de l’enseignement scientifique dans la série L, pendant qu’elle supprimait en même temps le caractère obligatoire des dédoublements de philosophie en S et dans les séries technologiques. Quant aux ministres Peillon, Hamon, Vallaud-Belkacem, non seulement ils ne firent jamais rien pour rétablir ces dédoublements, mais ils réduisirent les délais de correction de l’épreuve de philosophie du baccalauréat.

En multipliant les déclarations favorables à l’enseignement de la philosophie, J-M Blanquer aurait-il rompu avec la politique de ses prédécesseurs ?                                            C’est là une apparence bien trompeuse. Il poursuit la politique du « socle commun » commencée par N. Vallaud-Belkacem au collège, et alors que Chatel prétendait « renforcer » la filière L en enfermant la philosophie dans le rôle d’une discipline exclusivement littéraire et en supprimant 1 heure de philosophie dans la filière S, J-M Blanquer prétend aujourd’hui « renforcer » la philosophie en supprimant toutes les filières (dont la filière L
où son horaire d’enseignement est de 8 heures) et en cantonnant désormais la philosophie à 4 heures de tronc commun dans la voie générale, et à 2 heures dans la voie technologique.  Le ministre dit « renforcer » quand il s’agit au contraire d’amoindrir à chaque fois la place des disciplines et de réduire leurs horaires. Tel est le cas, parmi les autres, de la philosophie qui, malgré les dégradations que les réformes antérieures lui ont fait subir, jouit encore d’une réelle vitalité au lycée puisqu’on compte aujourd’hui en France plus de 2300 terminales L (où la philosophie est enseignée 8 heures) et que la proportion des candidats de la série L au baccalauréat général est restée relativement constante de 2011 à 2017 (plus de 15% en moyenne).

La réforme Blanquer, c’est la marginalisation de la philosophie
La fin du statut du baccalauréat, 1er grade universitaire, avec la mise en place du système Parcoursup, remet en cause frontalement le statut de l’enseignement de la philosophie, comme discipline qui prépare tout particulièrement les élèves à l’enseignement supérieur.
Les conditions dans lesquelles la réforme placera les 4 heures dans le tronc commun en disent long sur la considération qui est lui réellement accordée ! Lourdeur prévisible des effectifs des groupes-classes où seront mélangés des élèves aux parcours très hétérogènes, coefficient dérisoire au baccalauréat, isolement de l’épreuve de philosophie au mois de juin, quand les élèves connaîtront déjà l’essentiel de leurs résultats, et alors qu’elle ne comptera pour rien dans le nouveau système de sélection à l’entrée des études supérieures, Parcoursup.
La création de la spécialité « interdisciplinaire » Humanités Littérature et Philosophie (en 1ère et en Terminale), que les professeurs de philosophie n’ont jamais demandée, entre en contradiction, quant à elle, avec le caractère élémentaire et universel de l’enseignement de la philosophie en Terminale. Elle ne permettra en aucune manière de recréer l’équivalent des 8 heures de TL puisque le choix de cette spécialité par les élèves ne sera possible que dans quelques lycées et pourra en outre être abandonnée d’une année à l’autre.
Ainsi, la prétendue consécration par la réforme Blanquer du caractère « universel » de l’enseignement de la philosophie, rabaissé à de telles conditions, ressemble plutôt à un triste marché de dupes.

Seul le rétablissement d’une école républicaine peut garantir la place de l’enseignement de la philosophie.                                                                                               L’enseignement de la philosophie ne peut satisfaire à sa vocation universelle que dans le cadre d’une école authentiquement républicaine, fondée sur le droit de chaque élève à une véritable instruction. Seule celle-ci garantit dans tous les établissements un égal accès à TOUTES les disciplines. Or, c’est bien à cette exigence que tourne ouvertement le dos la réforme Blanquer : si elle s’applique, la carte des « spécialités disciplinaires » sera variable d’un établissement à l’autre. Dans ce cadre, il est évidemment probable que la spécialité Humanités, Littérature et Philosophie sera l’une des moins présentes…
Seuls un cadre national et des horaires nationaux conséquents peuvent vraiment donner aux élèves les moyens et le temps suffisant (ainsi se justifie un enseignement de philosophie de 8 heures en L) pour apprendre à exercer leur réflexion, en se mettant à distance des opinions toutes faites, et à conduire leur pensée de manière ordonnée et à développer par ce travail leur propre capacité de penser. Il est en effet important que les élèves aient les moyens et le temps suffisant pour réfléchir à des questions de dissertation comme «Une affirmation est-elle vraie parce qu’elle est majoritairement approuvée ?», «Suffit-il d’avoir raison pour convaincre ?», ou encore, «La politique est-elle une technique ?», etc.
Si seule l’Ecole républicaine peut garantir la vocation universelle de l’enseignement de la philosophie, c’est bien parce qu’elle en reconnaît la dimension émancipatrice : cet enseignement est véritablement utile à quiconque est appelé à juger par lui-même et à assumer des responsabilités, comme citoyen, dans sa future activité professionnelle, et dans la conduite de sa vie.

Le retrait des réformes Blanquer et Vidal est nécessaire pour assurer le maintien d’un enseignement de la Philosophie digne de ce nom
Comment croire qu’il serait possible de maintenir un véritable enseignement de la philosophie dans le cadre de la « réforme » Blanquer, dont le but explicite est de faire éclater le cadre républicain de l’école (autonomie des établissements) et d’adapter avant tout les élèves et leur formation aux exigences du marché ?
Comment la vision utilitariste et mercantile des savoirs (réduits à des « offres de formation », subordonnés à la politique du « socle des compétences ») qu’elle traduit, pourrait-elle être compatible avec les exigences d’une réflexion autonome ?
Les attaques contre la philosophie sont inséparables des attaques contre toutes les disciplines et contre l’école en général, dont la véritable mission est d’émanciper les esprits.
Pour la défense et le rétablissement de conditions décentes d’enseignement de l’enseignement de la philosophie, Retrait des réformes Blanquer du lycée, du baccalauréat, de la loi ORE, tous les professeurs peuvent compter sur le SNFOLC pour défendre leurs disciplines et leurs statuts.

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Voilà le bilan de M. Blanquer et de Mme Vidal : ils ont vidé les facs !

Tract intersyndical suite aux résultats de Parcoursup en pdf ici: interfédérale-tract parcoursup

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2 pétitions à diffuser

La première concerne l’accès à la hors-classe: en pdf ici petition_horsclasse_snfolc-3

La seconde concerne la Contribution à la Vie Etudiante et au Campus : La FNEC FP-FO demande au Ministre de l’Education nationale que tous les stagiaires en soient dispensés.  pétition FNEC FP FO – exonération CVEC

 

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Qu’y a-t-il derrière l’évaluation des élèves, des établissements et des personnels ?

Le ministre de l’Education souhaite faire basculer l’école dans la «culture de l’évaluation». A travers ce chantier, présenté comme «un puissant outil de transformation de l’école», se déclinent toutes les orientations gouvernementales du nouveau «contrat social dans la Fonction publique» et de CAP 22 : c’est‐à‐dire le démantèlement de la Fonction publique.
L’évaluation, c’est la généralisation des évaluations nationales des élèves, déjà mis en place en CP, CE1, 6ème et 2nde. Ce sont aussi les classes «100% réussite», et les personnels du 1er degré soumis à des obligations de résultats. Mais Jean‐Michel Blanquer et Edouard Philippe ont également annoncé le 1er août la création au 1er trimestre 2019 d’une agence nationale de l’évaluation «pour assurer une évaluation régulière et transparente des établissements scolaires». Il s’agit de mettre en place un pilotage des établissements et de ses personnels par les résultats.
Ce chantier est totalement imbriqué dans celui de la réforme territoriale et participe aux mêmes objectifs : la fin du cadre national de l’école, la fin des garanties statutaires de ses personnels, la marche à la privatisation de l’école.
En annonçant la fusion des académies pour janvier 2020, le ministre n’a pas caché les visées de la réorganisation territoriale : renforcement de l’autonomie des EPLE, recrutement des agents par le chef d’établissement, partenariat renforcé avec les collectivités de rattachement. Pour y parvenir, le ministre sait qu’il va lui falloir s’attaquer à toutes les garanties statutaires des personnels, inscrites dans un cadre collectif national. C’est à cette fin qu’il a présenté aux organisations syndicales son «agenda social», qui, selon lui, devrait encadrer toutes les discussions jusqu’à la fin 2019.
Parmi les mesures annoncées :
‐ une prime d’intéressement collectif, la prime REP +, distribuée en fonction du mérite et des résultats au regard du projet local,
‐ le développement des postes à profils,
‐ des dispositifs de « RH de proximité », déployés au sein même des établissements,
‐ une « professionnalisation » de la formation initiale, avec un recrutement d’AED‐enseignants, sous contrat de droit public, corvéables et jetables à merci…

L’évaluation PPCR contre les règles collectives et le droit à la carrière
Le Ministre entend exploiter à fond les outils mis en place par ses prédécesseurs : les mesures PPCR et en particulier l’évaluation des personnels enseignants, que FO a toujours combattues. Conçus dès le départ comme des outils de gestion des Ressources Humaines pour individualiser les rémunérations et conformer les personnels au projet territorial, l’évaluation des personnels est au coeur de l’agenda social du ministre pour mettre en place la fameuse « RH de proximité ». Les récentes campagnes de promotion à la Hors‐Classe et à la Classe exceptionnelle ont d’ailleurs confirmé les analyses de FO : PPCR, c’est l’intronisation d’une gestion individuelle de la carrière au détriment des règles collectives. En clair, c’est l’arbitraire local, ouvrant la voie à une contractualisation et à un devoir de résultat.

L’agenda social du gouvernement n’est pas le nôtre
Dans l’audience intersyndicale convoquée par le ministère sur l’agenda social, la FNEC FP‐FO est intervenue en défense des statuts, des salaires, du droit à la carrière, et de défense de toutes les garanties collectives de toutes les catégories, titulaires et contractuels. Elle a indiqué qu’elle n’accompagnerait pas les contre-réformes dans l’Education nationale, ce qui n’a pas été le cas de toutes les fédérations qui ont cherché à trouver un consensus, y compris pour justifier la rémunération au mérite dans le cadre de la classe exceptionnelle.
Pour la FNEC FP‐FO, il y a urgence à mettre un coup d’arrêt au saccage de l’école républicaine et au démantèlement des statuts. Face aux mesures de ce gouvernement qui, miné par les affaires et les crises, annoncent la poursuite de ses contre‐réformes, et en particulier une réforme systémique des retraites, la FNEC FP‐FO entend préparer la mobilisation des personnels de l’Education nationale dans un cadre interprofessionnel, en défense du statut de fonctionnaire d’Etat et du Code des Pensions civiles et militaires.

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Le ministre prône la « confiance ». Les personnels exigent la satisfaction des revendications

Communiqué du SNFOLC du 06 septembre 2018 : tract rentrée SNFOLC

Rentrée scolaire: Le ministre prône la « confiance ».
Les personnels exigent la satisfaction des revendications

Pour le ministre J-M. Blanquer interrogé sur l’antenne de France Info le 6 septembre : « c’est vraiment une bonne rentrée ».
Des propos aux antipodes de ce que vivent les personnels en cette rentrée.

Des postes non pourvus, des emplois du temps intenables : les personnels refusent
Une « bonne rentrée » alors que les personnels sont confrontés à la pénurie de postes et que les effectifs par classe augmentent et atteignent parfois 38 élèves par classe ? Au lycée de Ferney Voltaire, 15 postes ne sont pas pourvus ; dans l’annexe de ce même lycée, un demi-poste de CPE pour 840 élèves. Avec les personnels, le SNFOLC intervient auprès du Rectorat pour exiger les créations de postes nécessaires et que tous les postes existants soient pourvus.

Au lycée Jean Jaurès de Montreuil, la rentrée a dû être différée de trois jours. Au lycée La Bruyère de Versailles, 70 personnels réunis en assemblée générale, les emplois du temps sont intenables.

Au collège des Clozeaux de Rungis, les personnels s’adressent à la DSDEN pour obtenir 22 heures : deux heures seulement sont accordées, et le ministère renvoie la responsabilité vers le Rectorat.

Au lycée des Graves de Gradignan, les personnels décident la grève reconductible à compter du 5 septembre « pour la création immédiate des divisions nécessaires au maintien du seuil de 35 élèves ».

Le ministre persiste à vouloir imposer ses contre-réformes
Au lycée Modeste Leroy à Evreux, 70 personnels réunis en heure d’information syndicale avec FO et la CGT – exigent que la circulaire ministérielle sur les missions des professeurs principaux prévoyant de faire peser sur eux des missions qui relèvent d’autres personnels (CPE et PsyEN notamment) « ne voie pas le jour ».
Quand les enseignants prennent connaissance de la réforme du lycée, publiée par le ministre le 17 juillet ainsi que la réforme du baccalauréat, ils sont effarés. Dès les prochaines semaines, les lycées devront faire remonter les « spécialités » retenues pour les
classes de Première de 2019. Chacun comprend bien que – autonomie des établissements oblige – le ministre place les personnels dans une situation de concurrence, de stress permanent quant au maintien de leurs services et de leurs postes soumis à la loi de l’offre (du lycée) et de la demande (des élèves).

Parcoursup : des dizaines de milliers de bacheliers exclus de l’enseignement supérieur
Une « bonne rentrée » alors que des dizaines de milliers de bacheliers sont dans l’angoisse quant à leur avenir ? Au lycée Jean Rostand de Villepinte, 90 élèves sont en attente d’une réponse positive. Au lycée Les Pierres Vives de Carrières-sur-Seine, un élève sur cinq s’est désinscrit de la plateforme. Les professeurs exerçant en CPGE sont inquiets car, contrairement aux années précédentes, des classes ne font toujours pas le plein. Au plan national, au 5 septembre, 181 757 candidats ont quitté Parcoursup sans que personne ne sache ce qu’ils sont devenus…et plus de 47 000 attendent encore une affectation – selon les chiffres communiqués par le ministère de l’enseignement supérieur. Et que prétend le ministre de l’Education Nationale ? Il resterait selon lui « 100 000 places disponibles pour 3 000 personnes qui n’ont pas encore trouvé de solution. […] Je rappelle que c’est 3 000 sur 800 000 au départ. Donc c’est un chiffre très raisonnable. » Raisonnable ? Alors que la seule réponse qui est apportée aux bacheliers qui n’ont pas d’affectation post-bac c’est de rejoindre des « classes passerelles » dans certains lycées pour patienter dans l’espoir d’une affectation hypothétique ? Ce n’est pas raisonnable, c’est inacceptable !

En cette rentrée, les personnels refusent de subir les conséquences des coupes budgétaires et des contre-réformes imposées à marche forcée. Et pourtant, le gouvernement entend les poursuivre avec la casse des statuts et des régimes de retraite. Face à la gravité de ces attaques, il y a urgence à mettre un coup d’arrêt au saccage de l’école républicaine, au démantèlement des statuts, à la remise en cause des droits des personnels.
Le SNFOLC invite les personnels à se réunir pour définir collectivement les revendications et les moyens pour les faire aboutir. La FNEC FP-FO a déposé un préavis de grève pour couvrir toutes les situations.

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Soutien aux collègues du lycée des Graves en lutte pour leurs conditions d’enseignement

Nous avons appris la situation du Lycée des Graves à Gradignan où les effectifs deviennent pléthoriques : 8 classes à 36 élèves et peut-être une à 37. Les collègues et les parents d’élèves de ce lycée tirent la sonnette d’alarme, inquiets de voir arriver peut-être encore de nouveaux élèves, compte-tenu de l’explosion démographique en Gironde. Les collègues sont donc en grève reconductible depuis hier.

Le SNFOLC de Gironde les soutient. Ils seront reçus à la DSDEN ce soir. N’hésitez pas à diffuser autour de vous le tract de soutien à l’action des personnels et des parents d’élèves.

Soutien FO au lycée des Graves pdf

Soutien FO au lycée des Graves doc

Plus les classes sont chargées, plus cela entraîne de la fatigue, et plus les copies seront nombreuses, la future réforme du lycée imposant un régime d’évaluation permanente (contrôle continu, épreuves en cours de formation). Dès le second trimestre de la première, cela deviendra interminable dans des classes à plus de 35 élèves ! FO demande toujours l’abrogation de cette réforme qui va surcharger de travail les collègues. Le lycée des Graves n’est pas le seul à connaître des effectifs pléthoriques, cela concerne aussi le lycée Montaigne, le lycée Pape Clément, ou encore le lycée Kastler.

Le même problème existe aussi en collège. Nous avions été reçu début juillet par le DASEN qui sous notre pression avait créé une classe au collège de Castelnau de Médoc, au collège du Teich mais aussi au collège de Carbon Blanc, avec l’aide de la section locale FO et des parents d’élèves.

Si dans votre établissement aussi les effectifs sont chargés et que vos collègues veulent se mobiliser, contactez-nous, afin que nous organisions la lutte en Gironde. Nous vous rappelons qu’un préavis de grève a été déposé par la FNEC jusqu’au 17 septembre. Partout où c’est possible, le SNFOLC appelle les personnels à faire des AG de rentrée afin de monter un cahier de revendications et d’envisager des actions possibles, y compris la grève comme l’ont décidé les collègues du lycée des Graves.

 

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Texte commun de l’intersyndicale du 30 août

A télécharger ici Texte commun Intersyndicale 30 août 2018

Pour les organisations syndicales de salariés, d’étudiants et de lycéens – la CGT, FO, Solidaires, UNEF et UNL- réunies le 30 août 2018, un constat s’impose et se renforce, celui d’une politique idéologique visant à la destruction de notre modèle social, favorisant notamment l’explosion des inégalités et la casse des droits collectifs.

Cette politique, ainsi que les mesures encore récemment annoncées par le gouvernement, relèvent d’une logique d’individualisation mettant à mal la solidarité et la justice sociale, valeurs essentielles de la cohésion sociale, et fragilisant une fois de plus les plus faibles, les précaires et les plus démunis.

Qu’il s’agisse :
– des risques qui pèsent sur les droits des salariés-es et demandeurs d’emploi en matière d’assurance chômage ;
– de la remise en cause du droit à l’avenir des jeunes par l’instauration d’une sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur et par le gaspillage que constitue le service national universel ;
– des atteintes au service public, en particulier CAP 22 ;
– des destructions d’emplois au travers de la désindustrialisation
– des attaques portées à notre système de santé ;
– de la destruction de notre système de retraites ;
– du gel des prestations sociales.

Les organisations signataires appellent le gouvernement à entendre les attentes sociales multiples qui s’expriment dans le public et le privé, par les actifs, les jeunes, les demandeurs d’emploi et les retraités-es, et qu’il ne soit plus uniquement guidé par l’obsessionnelle diminution de la dépense publique. Au moment où est annoncée une fois encore l’explosion des dividendes en France et dans le monde, il est temps de mener une politique de partage des richesses pour augmenter les salaires, les pensions et les minima sociaux.

Face à cette situation et à des décisions régressives qui s’opposent aux demandes légitimes des travailleurs et de la jeunesse, l’heure est à la défense des fondements de notre modèle social et à la conquête de nouveaux droits.

C’est pourquoi, les organisations signataires décident de faire du 9 octobre prochain une première journée de mobilisation et de grève interprofessionnelle, étudiante et lycéenne.
Concernant la date de la journée de mobilisation et de grève interprofessionnelle, l’Union syndicale Solidaires la validera lors de son instance nationale la semaine prochaine.
Les organisations signataires invitent les autres organisations syndicales et de jeunesse à s’y associer largement et à s’inscrire dans un processus de mobilisation.
Paris, le 30 août 2018

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2 résolutions prises en commission éxécutive

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L’école doit retrouver le chemin de l’égalité républicaine

Editorial de FO Hebdo du 29.08.2018 Par Pascal Pavageau edito FOHebdo-29-08-2018

En ces jours de rentrée scolaire, la Confédération apporte son soutien plein et entier à toutes celles et ceux qui font vivre l’école de la République. Une école aujourd’hui fragilisée, territorialisée et morcelée, aux moyens insuffisants et disparates : une école dont les contre-réformes successives ont fait l’un des symboles du désengagement de l’État.

À l’instar de l’inversion de la hiérarchie des normes, la réforme territoriale a pour effet de casser le cadre national au profit de réglementations locales, participant du démantèlement du service public : l’Éducation nationale, une et indivisible, se meut en une multitude d’établissements, et autant de programmes ou de rythmes scolaires. Le baccalauréat comme les diplômes nationaux sont clairement menacés. À cela s’ajoute la sempiternelle réduction des dépenses publiques, conduisant à des baisses drastiques d’effectifs – 100 000 postes d’enseignants supprimés depuis 2007 – et des conditions de travail dégradées, alors même que les élèves sont toujours plus nombreux.

Pour Force Ouvrière, il est insensé de réduire l’éducation à un poste de dépense budgétaire: c’est ignorer qu’elle est un bien commun, indispensable pour construire l’avenir. L’école n’est pas à géométrie variable, elle doit être la même pour tous, en tous points du territoire. Les élections du 6 décembre prochain sont l’occasion d’exprimer haut et fort nos revendications pour la défense des fonctionnaires et agents publics, de condamner en particulier la précarisation croissante dans l’Éducation nationale par le recours massif aux contractuels et de demander la création d’emplois statutaires à hauteur des besoins. Il est crucial de préserver le service public républicain et le statut de la fonction publique comme garants de l’intérêt général et freins à l’explosion des inégalités.

Nous ne voulons pas d’une école à plusieurs vitesses qui, préparant les enfants à une société inégalitaire, distingue entre ceux qui peuvent réussir – parce qu’ils en ont la chance, la capacité ou les moyens – et les autres. Or, ce gouvernement transforme l’égalité d’accès au droit à l’éducation en une sélection visant à ne privilégier que les futurs « premiers de cordée ». L’école de la République est celle qui garantit l’égalité réelle, au-delà de la seule égalité des chances, trop souvent érigée comme marchepied à une réussite au mérite alors qu’elle n’est que le prétexte à une mise en concurrence de tous contre tous.

L’État doit donner à l’école les moyens de renouer avec son projet d’émancipation sociale par la transmission de l’instruction et le respect des valeurs communes de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité. Plus que jamais, notre école est le terreau de la République.

PASCAL PAVAGEAU,
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
@PascalPavageau sur Twitter.

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Rentrée scolaire, rentrée sociale : le saccage et les mauvais coups doivent cesser!

Pour le ministre Blanquer, la rentrée est placée sous le signe de la confiance pour poursuivre et consolider ce qu’il a engagé !

Quelle est la réalité ?
‐ Un quart des nouveaux bacheliers reste au bord de la route. Ils n’ont pas de place dans une formation universitaire ou pas de place dans la formation qu’ils souhaitent. Voilà le résultat de Parcoursup.
‐ A nouveau, plusieurs dizaines de milliers de personnels en contrat aidé vont disparaître des établissements scolaires
‐ Les salaires sont bloqués, le gel du point d’indice confirmé, le jour de carence rétabli et les carrières bloquées pour l’immense majorité des personnels en application de PPCR.
‐ Les postes manquent pour toutes les catégories et les conditions de travail se dégradent, la pression sur tous s’aggrave.

Et le ministre veut poursuivre sa «consolidation»
‐ Il annonce une avalanche de mesures liées à toutes ses contre‐réformes : orientation transférée aux régions, recours massif aux contractuels en lieu et place de titulaires, réforme du bac et de la licence, abandon de la formation professionnelle aux patrons, réforme territoriale qui atomise le fonctionnement de l’Education nationale.

Et pour cela le gouvernement entend en finir avec les statuts. Nos statuts particuliers de corps, notre statut de fonctionnaire d’Etat, sont incompatibles avec les décisions du ministre qui morcellent l’Education nationale pour mieux la privatiser.

Et maintenant les retraites
Le gouvernement s’attaque à tous les services publics, à tous les droits collectifs, et il annonce une réforme «systémique» des retraites préparant un régime universel par points. Il s’agit de baisser massivement les retraites et les pensions, ça ne sert qu’à cela. Le préalable est, sous prétexte d’harmonisation, de casser le code des pensions civiles et militaires et tous les droits qu’il porte pour les pensions des fonctionnaires d’Etat.

Retraites, statuts, école publique, la FNEC FP‐FO n’accompagnera pas leur destruction !
L’heure est à établir les revendications sur tous les points pour résister.
La FNEC FP‐FO appelle les personnels, à partir des multiples problèmes qui se posent en cette rentrée, à se réunir et à établir les revendications : postes, conditions de travail, garanties statutaires, tout est lié.
La FNEC FP‐FO appelle les personnels à résister et prendre toutes les initiatives nécessaires.
La fédération a déposé un préavis de grève à compter du jour de pré‐rentrée.

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